Le principe des articles de "pourquoi j'écris": un extrait de texte en italiques, un commentaire personnel ensuite, des liens (en bleu quand ils n'ont pas été utilisés, en gris ensuite) - et la couverture du livre, quand il s'agit d'un livre (le cas le plus fréquent), ou une illustration.
A la base: l'éclectisme, revendiqué.
Du moment qu'il s'agit d'écriture - de préférence de manière métaphorique, voire subliminale...
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dimanche 16 janvier 2011

Ce que mon cerveau ignore obstinément

J'ai fermé mes paupières pour mieux me concentrer. A ce moment où j'écris, je suis parfois obligé de m'arrêter pour clarifier ma pensée. J'ai l'impression fugace que je commence à entrevoir quelque chose. Comme si un point douloureux était là: le début de la vérité peut-être. Il faudrait l'attraper, la développer, la poursuivre par tous les moyens. Mais je ne peux pas, je n'y arrive pas... je suis incapable de réfléchir. Pour un court instant je crois que c'est simple, qu'il suffit de vouloir l'exprimer et que tout de suite, tout ira bien. C'est une chose très simple, contenue peut-être dans un seul mot, je l'ai, comme on dit, "sur le bout de la langue". Ca veut sortir mais je suis bloqué. Comme dans les rêves, parfois. Ma langue sait ce que mon cerveau ignore obstinément. Je fais des efforts, je cherche mais je ne trouve pas. Toutes mes pensées reviennent à cette perte mais elles sont l'obstacle que le mot aimerait franchir.


Le narrateur écrit son journal et c'est de cette écriture-là qu'il parle, une écriture qui l'aide à voir clair en lui-même. 
Mais l'auteur, quand il écrit... N'écrit-il pas parfois ce que son cerveau ignore...? 
Le livre de Sandor Marai, écrivain hongrois né en 1900, est très beau et étonnamment moderne. Bien qu'écrit en totalité sous la forme d'un journal intime, il peut se lire d'une traite, tant l'envie nous tient de ne pas quitter le personnage principal - détestable à de nombreux points de vue mais si émouvant par ailleurs... Aussi bien peinture de milieu que portrait psychologique, ce livre est confondant. Il l'est plus encore quand on apprend que ce journal intime d'un homme de 54 ans confronté aux affres du vieillissement a été en rédigé par un jeune auteur de 28 ans... 

Editions Albin Michel, 2008
L'illustration de couverture du livre publié en poche (LGF) est une peinture de Teodor Axentowicz intitulée Femme plongée dans ses pensées (1910) 

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