Le principe des articles de "pourquoi j'écris": un extrait de texte en italiques, un commentaire personnel ensuite, des liens (en bleu quand ils n'ont pas été utilisés, en gris ensuite) - et la couverture du livre, quand il s'agit d'un livre (le cas le plus fréquent), ou une illustration.
A la base: l'éclectisme, revendiqué.
Du moment qu'il s'agit d'écriture - de préférence de manière métaphorique, voire subliminale...
Associés à cette chronique, deux blogs annexes: "blogorrhée", pour pouvoir parler en sortant du cadre - éventuellement; et "mes textes", au cas où. On y accède par la bande horizontale du haut (même page) ou par le sommaire, à droite (nouvelle page).
Merci de votre visite et bonne lecture!

mercredi 11 juillet 2018

Griffonner dans un carnet

Au printemps, il avait accepté d'écrire une nouvelle pour le magazine d'un quotidien, qui serait publiée à la Saint-Sylvestre. Un travail facile, avait-il d'abord pensé. Fin mai, il a commencé à ébaucher quelques images susceptibles de fonctionner, mais il s'est rendu compte qu'il se débattait, qu'il perdait le cap. Pendant une quinzaine de jours au début de l'été, il a couru après les idées, composé quelques paragraphes, laissant plusieurs d'entre eux en suspens. Il a compris qu'il remettait la chose à plus tard, qu'il la repoussait au fond de son esprit. De temps en temps, il revenait sur ses notes, mais les délaissait une fois de plus. 
Il s'est demandé comment il arriverait à s'infiltrer dans le territoire d'un conte de Nouvel An: créer une série de feux d'artifice, peut-être, descendre une boule à facettes sur la grande place d'une ville, ou laisser la neige lentement s'émietter sur un rebord de fenêtre? 
Chaque essai de commencement - griffonné dans un carnet - s'est inscrit dans le noir. 


Faut-il courir après les idées ou les idées s'imposent-elles à l'auteur? C'est ce dont traite, plus ou moins, la suite du texte ci-dessus. Nous voyons surgir un personnage, nous le situons dans un environnement. Puis c'est un deuxième qui apparaît et leurs relations se précisent, à la faveur de l'irruption des autres personnages... 
Dans cette nouvelle, la deuxième d'un recueil de cinq, Colum McCann nous offre une véritable leçon d'écriture. Présentée comme un exercice, elle est d'une lecture un peu particulière mais l'histoire et les personnages n'en sont pas moins là - aussi bien que le narrateur. 
Symétriquement, on peut sans doute dire des autres nouvelles du recueil que chacune d'elles nous offre un exercice d'application et - pour reprendre en partie le titre de la nuvelle éponyme - une façon de voir... n'est-ce pas un peu la même chose?


Editions Belfond 2016, 10-18 2017 



Aucun commentaire:

Publier un commentaire

Ecrire, pourquoi pas? Et si vous commenciez par écrire ici...? Vous pouvez dire ce que vous pensez du livre si vous l'avez lu, ou bien de l'extrait cité... C'est à vous!

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...