Le principe des articles de "pourquoi j'écris": un extrait de texte en italiques, un commentaire personnel ensuite, des liens (en bleu quand ils n'ont pas été utilisés, en gris ensuite) - et la couverture du livre, quand il s'agit d'un livre (le cas le plus fréquent), ou une illustration.
A la base: l'éclectisme, revendiqué.
Du moment qu'il s'agit d'écriture - de préférence de manière métaphorique, voire subliminale...
Associés à cette chronique, deux blogs annexes: "blogorrhée", pour pouvoir parler en sortant du cadre - éventuellement; et "mes textes", au cas où. On y accède par la bande horizontale du haut (même page) ou par le sommaire, à droite (nouvelle page).
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samedi 25 décembre 2010

L'invisible dans le visible

- Vous ne m'avez pas compris, dit-il lentement. Je ne demande pas qu'on s'intéresse. Pourquoi s'intéresserait-on? Je me demande pourquoi vous êtes intéressé.
Je le lui expliquai. Nous nous assîmes par terre, avec les tableaux devant nous, et je lui expliquai que j'aimais l'ambiguïté, que j'aimais ne pas savoir quoi regarder dans ses toiles, que souvent la peinture figurative moderne m'ennuyait, mais pas la sienne. Nous parlâmes de De Kooning et, en particulier, d'un petit tableau que Bill trouvait inspirant, Autoportrait avec frère imaginaire. Nous parlâmes de l'étrangeté de Hopper et de Duchamp. Bill appela ce dernier "le couteau qui a mis l'art en pièces". Je pensais qu'il disait cela dans un sens négatif, mais il ajouta: "C'était un grand mystificateur. Je l'adore."
Quand j'attirai son attention sur les poils rasés en train de repousser qu'il avait peints sur les jambes de la femme maigre, il me dit que lorsqu'il se trouvait en présence de quelqu'un il avait souvent le regard attiré par un détail - une dent cassée, un sparadrap sur un doigt, une veine, une coupure, une rougeur, un grain de beauté - et que, pendant un instant, cet élément isolé dominait sa vision; et qu'il souhaitait reproduire dans son oeuvre de tels instants. "La vison est un flux", dit-il. Je mentionnai les récits cachés dans ses tableaux et il répondit que, pour lui, les histoires étaient comme le sang irriguant un corps: les voies d'une vie. C'était une métaphore révélatrice, et je ne l'oubliai jamais. En tant qu'artiste, Bill traquait l'invisible dans le visible. Le paradoxe, c'était son choix de représenter ce mouvement invisible au moyen d'une peinture figurative, qui n'est rien d'autre qu'une apparition figée - une surface.

lundi 25 octobre 2010

Hypergraphie de la période intercritique...?

Le diagnostic a pour tâche de distinguer la maladie de la personne. La rougeole est une chose. Elle arrive et s'en va. Les rougeurs passent d'une personne à une autre. Un seul agent pathogène est en cause. Mais quand la maladie devient-elle la personne? En 1975, Norman Geschwind et un confrère médecin, Stephen Waxman, ont publié un article sur les caractéristiques communes qu'ils avaient observées entre deux crises (pendant la période dite intercritique) chez leurs patients atteints d'épilepsie du lobe temporal: un accroissement de la religiosité ou du souci de considérations morales assorti d'un approfondissement des émotions confinant à l'irritabilité. Il semble aussi qu'ils aient observé une diminution de la pulsion sexuelle ainsi qu'une hypergraphie - de nombreux patients avaient besoin d'écrire, parfois de manière compulsive. 

dimanche 24 mai 2009

On a besoin de la raconter


Que fait-on d'une histoire comme celle-là? Il n'y a pas de leçon à en tirer, pas de morale, pas même de dénouement. On a besoin de la raconter, de l'entendre raconter, mais on ne sait pas pourquoi.

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