Le principe des articles de "pourquoi j'écris": un extrait de texte en italiques, un commentaire personnel ensuite, des liens (en bleu quand ils n'ont pas été utilisés, en gris ensuite) - et la couverture du livre, quand il s'agit d'un livre (le cas le plus fréquent), ou une illustration.
A la base: l'éclectisme, revendiqué.
Du moment qu'il s'agit d'écriture - de préférence de manière métaphorique, voire subliminale...
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vendredi 27 avril 2012

Un ailleurs improbable

C'est le petit livre, dans sa poche, qui le réveilla. Il n'était pas gros, mais la couverture en était fort raide. Il se frotta machinalement la hanche et ouvrit l'opuscule à la première page - simple curiosité. Et les mots l'emportèrent. Pourtant, il n'en comprenait rien, mais cela faisait en lui comme une musique de sens inconnu, une harmonie de phrases enchevêtrées et d'idées sans signification qui l'entraînaient vers un ailleurs improbable, qui'il ne pouvait vraiment ni saisir ni appréhender, mais qui l'emportait, il fut convaincu - enchanté. Conquis. 
Il posa l'ouvrage sur sa table de nuit, chopa sa boite à outils et se mit au travail. Aujourd'hui, c'était congé et il avait tout son temps. 

Il bricola ainsi de longues heures sans se lasser et il installa un système. Il y trouvait un délassement de ses pensées, un contentement vague et informe, qui le comblait, sans ennui, sans attente: une sorte d'euphorie sans objet, ou de délectation profonde, dont il n'avait nulle conscience, mais il était tout entier immergé dans ses gestes. Il ne pensait plus. 

Le petit livre à la couverture raide porte le drôle de titre que l'auteur a donné à sa nouvelle: pas étonnant que son lecteur n'en comprenne pas grand chose... On ignore pourquoi il a été écrit - on le saura à la fin.
Les dix-sept nouvelles de ce recueil sont très diverses, elles ont en commun ce qu'indique le titre: les personnages sont à un tournant de leur vie, plus ou moins difficile à négocier, plus ou moins dangereux... La diversité des personnages et des situations va avec la tonalité, qui varie également. D'où des nouvelles "coup de poing" et d'autres qui prennent plus leur temps...  
Pour deux des nouvelles, l'auteur prend le parti, inusuel, de nous indiquer où elle a trouvé son inspiration: une confidence, un article de journal. 
Annick Demouzon a eu le prix Prométhée de la nouvelle en 2011 et on peut s'offrir le plaisir de lire une de ses nouvelles en ligne. VirageS dangereux est sélectionné pour le "prix de la nouvelle de la femme renard - Lauzerte 2012" qui sera décerné en septembre. 

"Prolégomènes au plaisir de l'Infinitude" 
Annick Demouzon 

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