Le principe des articles de "pourquoi j'écris": un extrait de texte en italiques, un commentaire personnel ensuite, des liens (en bleu quand ils n'ont pas été utilisés, en gris ensuite) - et la couverture du livre, quand il s'agit d'un livre (le cas le plus fréquent), ou une illustration.
A la base: l'éclectisme, revendiqué.
Du moment qu'il s'agit d'écriture - de préférence de manière métaphorique, voire subliminale...
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dimanche 26 août 2012

Celui qui dit à voix haute

Si je fais toutes ces confidences, c’est parce que je sais qu'elles ne m'appartiennent pas et que tout le monde à peu près a ces confidences sur les lèvres, prêtes à s’exprimer et que le littérateur n'est que celui qui dit à voix haute ce que les autres se disent ou murmurent. Si je pouvais penser que ce que je confesse n'est pas une confession universelle mais l'expression d'un cas particulier, je le confesserais tout de même dans l'espoir d'être guéri ou soulagé. Cet espoir, je ne l’ai pas, cet espoir, nous ne l'avons pas; nous communion dans la même peine. Alors pourquoi? A quoi cela peut-il servir? C'est parce que, malgré tout, nous ne pourrons pas ne pas prendre conscience, ne pas prendre une conscience plus aiguë d'une réalité, de la réalité du malheur d'exister, du fait que la condition humaine est inadmissible: une conscience inutile qui ne peut pas ne pas être et qui se manifeste, c'est cela la littérature. 
(…) 
Je continue, peut-être continuerai-je jusqu'à la fin, d'écrire de la littérature, des pièces de théâtre, parce que je ne sais pas faire autre chose. Je suis incapable de faire aucun autre métier. Depuis que je me connais, je n'ai fait que cela. 

Un journal d'écrivain, c'est toujours intéressant. Celui de Ionesco s'ouvre sur son enfance et comporte de nombreux passages oniriques et psychanalytiques - faut-il s'en étonner? Il se présente de manière assez décousue, fait surgir et resurgir des obsessions, sous des formes directes et indirectes, des métaphores récurrentes, des personnages en ombres chinoises, qui se glissent un peu partout, y compris là où ils ne sont pas forcément pas attendus. Et l'enfance, toujours... et la mort, bien sûr... L'enfance idéalisée - et pourtant l'enfance blessée, l'enfance séparée...
L'auteur y glisse quelques écrits, régalant les amateurs de ses inégalables jongleries verbales. Mais on ne trouve pas grand chose qui concerne sa vie professionnelle à proprement parler, à vrai dire, le livre relève plutôt de l'intime, et les interrogations portent sur la vie elle-même. 
La vie et la littérature - inséparables. L'intime et l'universel - inséparables. Le littérateur: celui qui dit à voix haute...
A lire par bribes - en miettes... 

Editions Mercure de France 1967, Folio/Essais 1992

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