Le principe des articles de "pourquoi j'écris": un extrait de texte en italiques, un commentaire personnel ensuite, des liens (en bleu quand ils n'ont pas été utilisés, en gris ensuite) - et la couverture du livre, quand il s'agit d'un livre (le cas le plus fréquent), ou une illustration.
A la base: l'éclectisme, revendiqué.
Du moment qu'il s'agit d'écriture - de préférence de manière métaphorique, voire subliminale...
Associés à cette chronique, deux blogs annexes: "blogorrhée", pour pouvoir parler en sortant du cadre - éventuellement; et "mes textes", au cas où. On y accède par la bande horizontale du haut (même page) ou par le sommaire, à droite (nouvelle page).
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samedi 26 février 2011

Et le refus d'écrire...?

Rentré chez lui, Arnold pianota sur son ordinateur. Les entrées pour Bartleby étaient nombreuses. La plus étonnante évoquait un livre entier d'un auteur contemporain espagnol, Enrique Vila-Matas, intitulé Bartleby et compagnie. Le lendemain était un samedi. Monsieur Spitzweg fut un peu surpris de trouver le volume sans le commander à la Virgule, sa librairie de la rue Guy-Môquet. Ce qu'il y découvrit lui sembla d'abord assez spécieux. L'auteur y évoquait un syndrome de Bartleby qu'il définissait comme l'attitude littéraire de tous les auteurs ayant renoncé à la création non par impuissance mais parce qu'elle leur semblait dérisoire, inférieure en tout cas à l'intensité de la vie réelle. Ce postulat posé, Enrique Vila-Matas faisait de Bartleby un nom commun, et collationnait tout les bartlebys qu'il avait pu découvrir. 
Arnold fut ainsi surpris d'apprendre que Chamfort avait été un bartleby résolu, refusant de donner corps au roman qu'il avait rêvé d'écrire dans sa jeunesse, et rédigeant sur le tard quelques aphorismes justifiant son refus de publication. Monsieur Spitzweg se délecta notamment de ces trois explications: 
"Parce que j'ai peu de mourir sans avoir vécu. 
Parce que plus ma réputation littéraire s'évanouit, plus je suis heureux. 
Parce que le public ne s'intéresse qu'aux succès qu'il est incapable d'apprécier." 
Plutôt jubilatoire également de découvrir sous la plume d'Oscar Wilde ce rappel des sagesses antiques: 
"Pour Platon et Aristote, l'inactivité totale était la forme la plus noble de l'énergie. Pour les individus de haute culture, la contemplation a toujours été la seule occupation vraiment adaptée à l'homme." 
Bien sûr Monsieur Spitzweg savait bien qu'il n'était pas un homme de haute culture, ni un auteur en risque de scuccès - pour l'heure, il n'avait écrit qu'une dizaine de pages dans un blog qu'a priori personne n'avait encore lu. 


Arnold écrit pour lui - bien qu'il n'ait pris cette habitude que lorsqu'il a créé un blog... Paradoxalement (car après tout, le blog est fait pour ça!), c'est une vraie surprise pour lui que de se découvrir des lecteurs - des lectrices, surtout. Surprise d'être lu, lui, Arnold Spitzweg, l'employé de bureau solitaire et effacé, et plus encore, surprise qu'on lise - et qu'on apprécie! - des textes qui, dans notre monde pressé, font l'éloge de la lenteur... 
Un petit livre très sympathique, au delà de la question de l'écriture, qui ne peut, de plus, qu'intéresser les blogueurs... au premier comme au second degré! 

Editions Mercure de France, 2009 - Folio, 2010

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