Le principe des articles de "pourquoi j'écris": un extrait de texte en italiques, un commentaire personnel ensuite, des liens (en bleu quand ils n'ont pas été utilisés, en gris ensuite) - et la couverture du livre, quand il s'agit d'un livre (le cas le plus fréquent), ou une illustration.
A la base: l'éclectisme, revendiqué.
Du moment qu'il s'agit d'écriture - de préférence de manière métaphorique, voire subliminale...
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samedi 3 octobre 2015

Un engrenage utile à la conception d'un nouveau rêve

La dernière fois que j'avais campé, c'était il y a une quinzaine d'années, avec ma sœur, papa et maman. 
Papa avait lancé l'idée un samedi après-midi, et le soir nous avions garé la voiture à l'entrée d'un bosquet, avant de marcher plusieurs heures jusqu'à une clairière. Papa connaissait déjà l'endroit pour y avoir campé lorsqu'il était jeune scout. 
C'était drôle parce que ma sœur avait peur des bruits de la forêt et je m'amusais à mimer n'importe quel cri grossier d'animal, ce qui avait le don de la faire paniquer encore plus. Papa et maman étaient jolis et souriants. Cette soirée-là, au milieu de la clairière, à faire du feu et griller d'énormes pièces de bœuf, m'avait accueilli chaudement contre son épaule. 
Moi je n'avais pas peur des petits bruissements de la forêt. Je passais mon temps à me demander à quel animal pouvait bien appartenir tel ou tel cri. 
Les feux de bois brillent et réchauffent assez pour laisser à leurs braises le temps de mourir dans votre cerveau. Nous étions vraiment bien, la nuit nous jetant ses étoiles dans les yeux comme elle aurait offert du pain à des canards. 
Je dormais dans une tente avec ma sœur, et papa et maman occupaient l'autre tente. Ma sœur n'arrêtait pas de dire "t'as entendu?". C'est vrai qu'il y avait un nombre incroyable de crissements à l'extérieur, mais pour moi chaque bruissement était un engrenage utile à la conception d'un nouveau rêve. 
Je n'avais pas beaucoup dormi cette nuit-là, parce que je ne voulais manquer aucune miette de ce séjour à la belle étoile. 

Lit-on par hasard tel livre tel jour? Une question qu'on est amené à se poser nombre de fois quand on a l'habitude de choisir ses lectures un peu au hasard des livres qui vous tombent sous la main ou sous les yeux... ce livre-là, dédié "à ceux qui manquent", était fait pour éclairer la journée d'aujourd'hui et il a merveilleusement rempli son office.
C'est en effet une bien jolie trouvaille que ce premier roman qui parle si poétiquement d'enfance, d'amour, d'abandon, de chagrin, de flingue. Puis du désir de vivre quand il vous lâche et quand il revient et de tout ce qui fait qu'une vie est remplie ou semble vide...
La langue de Guillaume Siaudeau est merveilleusement économe et poétique - rien d'étonnant quand on connaît un peu son blog, l'un des premiers répertoriés sur ce blog-ci et sur lequel on peut retrouver l'ensemble de ses publications.
D'une surprise à l'autre, un moment bien agréable, qu'on fait durer en revenant sur certains passages une fois le livre terminé.

Guillaume Siaudeau
Tarte aux pommes et fin du monde
Alma éditeur, Paris 2013, Pocket 2015 

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