Le principe des articles de "pourquoi j'écris": un extrait de texte en italiques, un commentaire personnel ensuite, des liens (en bleu quand ils n'ont pas été utilisés, en gris ensuite) - et la couverture du livre, quand il s'agit d'un livre (le cas le plus fréquent), ou une illustration.
A la base: l'éclectisme, revendiqué.
Du moment qu'il s'agit d'écriture - de préférence de manière métaphorique, voire subliminale...
Associés à cette chronique, deux blogs annexes: "blogorrhée", pour pouvoir parler en sortant du cadre - éventuellement; et "mes textes", au cas où. On y accède par la bande horizontale du haut (même page) ou par le sommaire, à droite (nouvelle page).
Merci de votre visite et bonne lecture!

vendredi 9 avril 2010

S'attirer les faveurs de la Muse?

Je lui ai suggéré de commencer à travailler malgré tout, dans l'espoir de s'attirer, d'une façon ou d'une autre, les faveurs de la Muse.
R. m'a expliqué que les Dieux étaient satisfaits du travail que j'accomplissais avec les artistes, qu'ils aimaient par-dessus tout les mortels et que lui, R., avait été envoyé pour mettre en évidence, de la manière la plus claire qui fût, une chose dont autrement, je n'aurais eu qu'une connaissance abstraite. Il n'était que juste, a-t-il dit, de les aider à rassembler leurs forces pour les besoins de la création. Il n'était que juste de supprimer tout ce qui faisait obstacle à une exploitation pleine et entière de leur talent. Mais on aurait tort de laisser entendre qu'ils travaillent pour s'attirer les bonnes grâces de la Muse, et cela non pas seulement parce qu'elle n'apprécie pas d'être sollicitée, mais parce qu'un travail de ce genre a pour effet de détruire les artistes qui en sont les auteurs. Vous ne devez jamais oublier, a-t-il dit, et, après cette séance, vous ne l'oublierez jamais, que l'artiste qui travaille sans inspiration crée un enfant mort, un enfant qu'il aime néanmoins autant qu'il aimerait un enfant vivant, et ce sentiment que tout le bénéfice de votre travail va à quelque chose qui n'est pas vivant, rien ne pouvant être vivant sans la Muse, est en tout point le même sentiment que vous éprouvez si un patient auquel vous vous êtes consacré assidûment des années durant, et que vous en êtes venu à aimer, levait tout d'un coup la main, faisait claquer ses doigts, et disparaissait.


Créer un enfant mort! Peut-on imaginer métaphore plus cruelle?
On fait difficilement mieux, à mon sens, sur la question de l'inspiration de l'écrivain, que cette nouvelle de Frank Conroy, sur "Le cas mystérieux de R.", nouvelle éponyme d'un court recueil de trois nouvelles, extraites de Entre ciel et terre. Les deux nouvelles qui suivent sont troublantes également mais portent sur des sujets différents. Il s'agit de "Racontars", sur la perception de la réalité, et de "Le sens de la rencontre", sur les rapports père-fils et le passage à l'âge adulte.

Editions Gallimard, 1989 pour la trad. fse

Aucun commentaire:

Publier un commentaire

Ecrire, pourquoi pas? Et si vous commenciez par écrire ici...? Vous pouvez dire ce que vous pensez du livre si vous l'avez lu, ou bien de l'extrait cité... C'est à vous!

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...