Le principe des articles de "pourquoi j'écris": un extrait de texte en italiques, un commentaire personnel ensuite, des liens (en bleu quand ils n'ont pas été utilisés, en gris ensuite) - et la couverture du livre, quand il s'agit d'un livre (le cas le plus fréquent), ou une illustration.
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Du moment qu'il s'agit d'écriture - de préférence de manière métaphorique, voire subliminale...
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dimanche 28 juin 2009

Le passe-temps des ratés


C'était un nouveau week-end. Ni Andrew ni Sylvia n'étaient partis en excursion, ils étudiaient. Colin était rentré et racontait qu'il allait s'atteler à un roman.
- Bien entendu, le passe-temps des ratés! s'était exclamée Julia.
Pas devant lui, même si ses paroles lui avaient été rapportées, de sorte que cette première condition pour les romanciers débutants, à savoir la désapprobation de leurs proches, était remplie, bien que Frances ait pris soin de rester évasive et Andrew loufoque.



Superbe roman, magnifique saga familiale du vingtième siècle, période au cours de laquelle les frontières fluctuent, celles des pays comme celles des familles, les structures explosent, les concepts fleurissent et se fânent, comme les hommes et les femmes qui les font vivre et mourir - pour mourir à leur tour, un jour, et pas forcément dans l'ordre...
Colin est un enfant de l'immédiat après guerre, Andrew son frère, Frances sa mère et Julia sa grand-mère. Sylvia est la fille de la deuxième femme du père d'Andrew et Colin. Tant par son style qu'à cause du statut des protagonistes cités, le bref passage joint ci-dessus donne une idée de la manière dont est brossé le tableau de famille ainsi qu'en deux mots la personnalité de chacun. Mais l'histoire ne doit pas être ramenée aux vélléités d'écriture de Colin, qui ne constituent que l'un des multiples épisodes qui la jalonnent. Elle va bien au delà, elle est celle d'une famille à géométrie variable (très variable!) dans laquelle les liens les plus solides ne sont pas forcément ceux du sang ou du mariage, qui prend racine dans l'Allemagne du début du vingtième siècle pour se déployer jusqu'en Afrique à la fin de celui-ci.
Ce roman fait partie de ceux que l'on regrette de voir se terminer quand on en arrive aux dernières pages - comme la plupart des grands et beaux romans de Doris Lessing. C'est une très belle histoire de transmission, de passage de flambeau, qui dit toutes les surprises de la vie et qui dégage beaucoup d'énergie.

Editions Flammarion, 2004
Editions J'ai Lu, 2008

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