Le principe des articles de "pourquoi j'écris": un extrait de texte en italiques, un commentaire personnel ensuite, des liens (en bleu quand ils n'ont pas été utilisés, en gris ensuite) - et la couverture du livre, quand il s'agit d'un livre (le cas le plus fréquent), ou une illustration.
A la base: l'éclectisme, revendiqué.
Du moment qu'il s'agit d'écriture - de préférence de manière métaphorique, voire subliminale...
Associés à cette chronique, deux blogs annexes: "blogorrhée", pour pouvoir parler en sortant du cadre - éventuellement; et "mes textes", au cas où. On y accède par la bande horizontale du haut (même page) ou par le sommaire, à droite (nouvelle page).
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mercredi 22 avril 2009

Par quelle mécanique compliquée j’arrive à faire une phrase


«Quand mon roman sera fini, dans un an, je t’apporterai mon ms. [manuscrit] complet, par curiosité. Tu verras par quelle mécanique compliquée j’arrive à faire une phrase.»
Lettre de Gustave Flaubert à Louise Colet (15 avril 1852).


Sur le site dédié à Madame Bovary, on peut certes lire le roman en cliquant sur "consulter" mais on peut surtout feuilleter le manuscrit, lire au brouillon puis sur la version du copiste les phrases raturées par l'auteur et quasiment voir le roman se rédiger sous nos yeux...
La mise en ligne de ces documents résulte d'un fabuleux travail de fourmi, effectué sous la direction d'Yvan Leclerc, de l'université de Rouen, par une équipe de six cents personnes âgées de 16 à 76 ans, vivant dans dix-sept pays pendant sept années de travail!
Grâce à cet important labeur, en quelques clics, on apprend beaucoup sur le roman mais aussi et surtout sur la méthode de travail de l'auteur, les scénarios et les fiches qu'il élaborait au fur et à mesure de son travail, ainsi que, à l'aide de sa correspondance, sur les sentiments qu'il éprouvait sur le milieu social que son roman décrit et vis-à-vis de ses personnages. A ce sujet, on notera qu'au passage d'un nota bene, l'auteur du site tord le cou au fameux "Madame Bovary, c'est moi!" auquel il oppose une citation tirée de la correspondance de Flaubert:
«Rien dans ce livre n’est tiré de moi; jamais ma personnalité ne m’aura été plus inutile.»

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