Le principe des articles de "pourquoi j'écris": un extrait de texte en italiques, un commentaire personnel ensuite, des liens (en bleu quand ils n'ont pas été utilisés, en gris ensuite) - et la couverture du livre, quand il s'agit d'un livre (le cas le plus fréquent), ou une illustration.
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vendredi 9 juillet 2010

Ne pas dire, faire dire

J'ai eu de bien faux principes jusqu'ici. En voici un. J'étudie les passions pour le Pathétique, cette étude me servira aussi pour le Comique.
C'est comme si un arpenteur qui pour lever ses plans s'élèverait dans un ballon 200 toises au-dessus du sol du pays qu'il mesure, disait j'étudie en même temps l'art du Paysage, quand je voudrai j'en ferai.
Le Paysagiste et lui ne regardent pas la nature du même côté.
Il en est de même du Poète tragique et du Comique. Le premier sympathise avec tous les hommes qu'il voit, entre dans leurs affections, et tâche de sentir ce qu'ils sentent.
Le deuxième au contraire, s'habitue à une manière de voir, tâche de se rendre du meilleur ton possible, et alors, ne sympathisant avec Personne, n'observe les gens que par les rapports qu'ils peuvent avoir avec lui, emploie son imagination à la vérité comme le tragique, à se les figurer dans de certaines situations. mais ils regardent leurs imaginations comme ils regardent la nature.
Le Poète tragique doit être ému, elles doivent faire rire ou sourire le Comique.
Leur manière d'étudier la nature est donc absolument différente. 

Il y a une grande différence entre être philosophe dramatiquement, et l'être simplement dans un livre.
Le Poète ne doit pas dire, mais faire dire la vérité aux spectateurs, il ne doit pas leur dire Geoffroy est ridicule, mais leur faire dire après avoir écouté sa pièce: que ce Geoffroy est Ridicule!
Il doit leur faire sentir les Vérités, et non pas les leur dire. Les dire en philosophe ne sert qu'à les faire lire malgré eux au spectateur.


Ne pas dire, faire dire: tel est le secret.
Les anglo-saxons disent: show, don't tell.
Et il est vrai qu'on n'attend du romancier ni une démonstration ni un prêche.... ce que Stendhal explique très bien dans le dernier paragraphe cité ci-dessus, extrait d'un ensemble de notes prises pour lui-même et mises à disposition sur le net par une équipe de chercheurs. 
Les manuscrits de Stendhal font en effet, depuis quelques années, l'objet d'un énorme travail de numérisation, entrepris au sein de l'université de Grenoble, plus précisément de celle de ses composantes qui porte le nom du grand auteur. En dehors du fait que le résultat de ce travail fournit évidemment un précieux matériau aux professionnels, il donne aussi au profane l'occasion de fureter agréablement et de faire bien des découvertes...

Les manuscrits de Stendhal
Textes sur la littérature (127 pages), R. 5896 Rés., volume 27, feuillet 133, verso

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