Le principe des articles de "pourquoi j'écris": un extrait de texte en italiques, un commentaire personnel ensuite, des liens (en bleu quand ils n'ont pas été utilisés, en gris ensuite) - et la couverture du livre, quand il s'agit d'un livre (le cas le plus fréquent), ou une illustration.
A la base: l'éclectisme, revendiqué.
Du moment qu'il s'agit d'écriture - de préférence de manière métaphorique, voire subliminale...
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mardi 4 mai 2010

Que c'est beau de pouvoir dire ça !

Tous les soirs, je me couchais avec un verre de lait et un paquet de biscuits à côté de mon lit, et je lisais un livre de poche après l'autre, jusqu'à deux ou trois heures du matin. Je lisais tout au hasard, car j'achetais les romans que je voyais au drugstore voisin. (...) J'en empruntais à la bibliothèque municipale à dix blocs de chez moi, et à une bibliothèque d'abonnements chez Womrath dans Madison Avenue. Je lisais très vite, sans esprit critique et sans rien retenir, ne cherchant qu'à échapper à ma propre vie en m'enfonçant par l'imagination dans une autre. Bien en sécurité dans ma chambre avec mon lait et mes biscuits, je m'engloutissais dans un espace intérieur. Le monde réel se dissolvait et j'étais libre de me laisser aller à ma fantaisie, de vivre un millier de vies dont chacune était plus intense, plus accessible et plus réelle que la mienne. C'est vers cette époque que j'envisageai pour la première fois de devenir écrivain. Dans un mauvais roman, comme on demandait au héros, au cours d'un cocktail, quelle était sa profession, il avait répondu: "je suis romancier." Et je me rappelle avoir reposé le livre en pensant: "Mon Dieu, que c'est beau  de pouvoir dire ça!". 


Le jeune garçon qui se dit "que c'est beau" a seize ans, ou presque, ou à peine. Dans son autobiographie, Frank Conroy ne nous donne pas toujours la date précise de tel ou tel évènement. On n'en voit pas moins l'enfant qu'il était devenir un adolescent, puis un jeune homme qui n'a qu'une envie: partir. Partir pour partir, sans doute, mais aussi pour fuir sa famille, laisser au loin ces adultes immatures qui lui servent de parents, le souvenir du père qu'il a perdu, le couple conflictuel qu'a reformé sa mère... Pourtant tous les personnages sont attachants, y compris le beau-père un peu falot qui a malgré tout joué un rôle de substitut paternel dans la vie de l'auteur, et lui a donné une famille élargie. Des Etats-Unis à Paris, en passant par le Danemark, le pays d'origine de sa mère, le jeune homme prend son envol. A Londres, on sait que c'est un auteur qui nous parle - et qu'on a loupé quelques épisodes. Mais on a les romans et les nouvelles... 

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